samedi 12 août 2017

Brigittemania

Elle a remis le prénom Brigitte à la mode ! Pourtant, les Français connaissent son visage depuis trois ans seulement. Ils ont découvert en 2014 la femme du fringant ministre de l’Economie à la une de « Closer », premier magazine à s’être intéressé à l’histoire atypique de ce couple en marche vers le pouvoir. Elle a aujourd’hui 64 ans, lui 39. Elle a été sa prof au lycée, il l’a épousée. Quoi de plus romanesque…

Aujourd’hui, la silhouette de Brigitte Macron s’étale en première page des magazines, les féminins la qualifient d’« icône », des groupes de fans fleurissent sur les réseaux sociaux… Une « Brigitte mania » semble s’être emparée de la France.

Un seul exemple ? Fin juin, une marque branchée décide de vendre en édition limitée un tee-shirt sérigraphié en l’honneur de la nouvelle première dame. Son prénom en lettres rouges ou noires sur du coton blanc. Un vêtement imaginé par les designers suédois d’H & M pour le magasin parisien Weekday. « C’est l’article que nous avons le plus vendu ! s’étonne Chloé Douy, une des vendeuses. Les premiers jours, il y avait même des gens qui faisaient la queue devant le magasin ! »

À la fois fédératrice et transgressive

Du jamais-vu dans la boutique, même lors d’une opération similaire dédiée à la star américaine Beyoncé ! L’événement Brigitte, censé durer une semaine, va donc se poursuivre jusqu’à la fin du mois d’août ! « On n’aurait jamais imaginé que ça marcherait autant, poursuit la vendeuse. Il n’en reste jamais à la fin de la journée. En deux-trois heures, on en vend cinquante… »

Un « phénomène de fond » plus qu’une mode passagère, à en croire Nathalie Rozborski, directrice générale au bureau de style NellyRodi. D’autant plus étonnant que Brigitte Macron ressemble assez peu aux traditionnelles égéries françaises. Et que ses admiratrices ne sont pas des adolescentes enclines à s’enticher de vedettes. « La première dame incarne un modèle à suivre, celui de la nouvelle féminité, chic, moderne, active. Elle est souriante, bien dans sa peau et dans son âge. C’est une femme solaire, décrypte la chasseuse de tendances. Elle est fédératrice parce qu’elle est transgénérationnelle. Les plus jeunes se disent : Si on ressemble à Brigitte, on veut bien vieillir ! Pour les autres, il y a une forme de revanche. Ce n’est pas la jeunette en couple avec un vieux. C’est jouissif de voir un jeune loup avec une femme mûre. Elle envoie des signaux extrêmement positifs à toutes les générations. »

D’autant qu’elle ne semble pas souffrir de la destinée politique de son époux, contrairement à tant de compagnes de présidents. « Elle a l’air heureuse d’être là où elle est, sans chercher la lumière », ajoute une Nathalie Rozborski conquise. « C’est un personnage fascinant, abonde Laurence Pieau, directrice de la rédaction de Closer. Au-delà de l’histoire d’amour hors normes, elle est très transgressive. Elle chausse des talons de douze centimètres, porte des jupes courtes avec grâce. C’est assumé, c’est nouveau. Et derrière elle, il y a toutes les femmes du baby-boom qui s’y retrouvent. » Le phénomène Brigitte ne fait sans doute que commencer…
 
Le phénomène Brigitte Macron PREMIÈRE DAME, PREMIER RÔLE

Promis, la première dame, dont le statut sera bientôt défini, ne se mêlera pas de politique. Mais elle jouera un rôle très actif aux côtés de son mari, en le faisant profiter de son incroyable popularité.
Comme un  paratonnerre. Alors que la cote de popularité d’Emmanuel Macron ne cesse de chuter dans les sondages, le sourire de son épouse, Brigitte Macron, 64 ans, rayonne sur papier glacé. Inconnue du grand public il y a trois ans, cette ex-professeur de lettres, sept fois grand-mère, jouit d’une popularité inédite (lire page 3).

Pour expliquer un tel engouement, Michèle Marchand, la « reine des people », qui l’a prise sous son aile, invoque « la différence d’âge entre les époux, son physique et sa gentillesse ». « C’est la première fois qu’on a un couple pareil à l’Elysée ! » relève la patronne de l’agence Bestimage qui gère officieusement son image. « Brigitte, c’est la revanche des baby-boomeuses, analyse Nathalie Rozborski, spécialiste des tendances. Elle ressemble aux femmes que l’on regarde avec fierté. » Mais que l’on n’entend pas (encore). La première dame devrait sortir de cette réserve à la fin du mois — ou peut-être même avant, chuchote-t-on dans la presse féminine.

Depuis l’élection de son époux, elle n’a pas prononcé un mot publiquement, se contentant des apparitions protocolaires. « Elle veut rester discrète », confie Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat au Handicap, un sujet sur lequel Brigitte Macron est très investie. Les deux femmes, qui se sont rencontrées pendant la campagne, se voient toutes les semaines.

« Elle reçoit énormément de courrier sur ce sujet. C’est à elle que les Français écrivent, assure-t-elle. Elle s’implique beaucoup. Mais elle sait que, lorsqu’elle fait un déplacement, elle risque d’éclipser le cœur du sujet. Pour éviter cela, elle le fait loin des médias. Elle ne cherche pas la lumière. »

Elle aimante pourtant les caméras quand elle accueille sur le perron du palais présidentiel Rihanna, l’une des chanteuses les plus populaires au monde. « Dans l’esprit des gens, Brigitte, c’est Emmanuel, analyse un stratège de l’image des personnalités publiques. Ça permet au président de ne pas avoir l’air de faire du marketing tout en s’affichant par procuration aux côtés d’une star internationale. Ça fait du buzz sur les réseaux sociaux, ça génère un sentiment de sympathie. » A l’instar du mouvement que semble susciter cette première dame atypique dont le rôle sera détaillé d’ici peu par l’Elysée.

Le texte officialisant son statut ne devrait toutefois pas prendre la forme initialement annoncée par le candidat Macron pendant la campagne. Dans le contexte de la loi de moralisation de la vie publique votée mercredi, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer la création d’un statut spécifique pour l’épouse du président(lire ci-contre). L’Elysée a fait marche arrière, comme pour ne pas gâcher l’atout que représente ce rouage précieux de la communication présidentielle. « Elle ne veut pas interférer dans le champ politique, prévient Michèle Marchand. Mais elle entend bien tenir son rôle. » Une fois ce dernier officiellement défini, elle pourra jouer pleinement sa partition.

Presidente de l’ONG R20 fondée par Arnold Schwarzenegger, qui œuvre pour l’environnement, l’ancienne vice-présidente (PS) du conseil régional d’Ile-de-France Michèle Sabban a associé Brigitte Macron à son projet de Fonds vert pour les femmes, dans un rôle de marraine.

Comment Brigitte Macron vit-elle sa nouvelle célébrité ?

Michèle Sabban. Elle a réfléchi à la façon dont elle pouvait apporter quelque chose au mandat de son mari et elle a observé la manière dont les Français ont accueilli très positivement sa présence. Bien sûr, il y a eu ce début de polémique sur son statut du fait de la concomitance avec le vote de la loi sur la moralisation de la vie politique. Ce sont deux sujets très différents qui n’auraient jamais dû être associés, puisqu’elle ne touche pas de salaire. Mais, elle, elle avance. Elle est sensible à ce qui se dit, mais ce n’est pas ce qui va la faire reculer.

Quelle forme d’intérêt suscite-t-elle auprès des personnalités que vous rencontrez à l’étranger ?

Il s’agit plus d’un appétit que d’une simple curiosité car cela fait longtemps que la France n’avait pas eu de véritable première dame. On se souvient que Danielle Mitterrand intervenait sur des sujets humanitaires à la frontière avec la politique, qui parfois même dérangeaient son mari. Bernadette Chirac avait, avec ses pièces jaunes, une opération pour les enfants hospitalisés. Brigitte Macron est attendue avec impatience, en particulier dans les pays francophones. Beaucoup de premières dames veulent la rencontrer.

Cerne-t-elle mieux son rôle ?

Oui, c’est clair. Elle sait maintenant ce qui est de son ressort, et qu’elle peut, au nom de la France, contribuer à apporter voire développer des projets. Lors de la rencontre d’Arnold Schwarzenegger (NDLR : fondateur de l’ONG environnementale R20) en juin avec Emmanuel Macron, c’est nous qui l’avons sollicitée pour porter au nom de l’Europe le Fonds vert que nous mettons en place pour les femmes africaines et leur autonomisation. Je suis très heureuse qu’elle ait répondu favorablement.

C’est à ce titre qu’elle sera présente à Abidjan (Côte d’Ivoire) au Sommet Afrique-Europe en novembre ?

Oui, avec Arnold Schwarzenegger, pour le lancement du Fonds vert d’Arnold. Il y aura d’abord une réunion en septembre à New York dans le prolongement de l’Accord de Paris : les premières dames seront à l’ONU pour parler de l’environnement.

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